Certains observateurs de marché avertissent que les ETF pourraient être plus dangereux que des placements individuels en cas de krach. Le risque principal est pourtant le même que pour les actions : la baisse du marché. Que les ETF amplifient en plus les baisses n'est pas démontré de façon concluante.
Ces dernières années, les ETF sont devenus la forme d'investissement privilégiée de nombreux épargnants français, et ce succès a attiré cette critique. Quels risques un ETF comporte-t-il réellement ?
Le principal risque des ETF en cas de krach : le marché lui-même
Un ETF porte le même risque que les actions qu'il réplique. Si l'indice sous-jacent baisse, l'ETF baisse aussi : un ETF sur le CAC 40 recule avec le CAC 40, un ETF monde recule avec les marchés mondiaux. Peu importe que vous ayez détenu les actions directement ou investi via un fonds géré activement.
Ce risque de marché général ne disparaît pas avec le choix du véhicule d'investissement. On peut seulement l'atténuer en diversifiant entre différentes classes d'actifs.
Les ETF amplifient-ils les baisses ? Le reproche et l'interconnexion
Les observateurs se disputent sur la question de savoir si les ETF amplifient réellement les mouvements baissiers, et il n'existe pas de preuve concluante dans un sens ou dans l'autre. Les critiques du poids croissant des ETF sur les marchés avancent une inquiétude précise : une vague de ventes déjà en cours pourrait s'amplifier si les vendeurs de parts d'ETF ne trouvent pas assez d'acheteurs en face. Lors d'un mouvement de vente panique, les ETF pourraient alors devenir en théorie un goulot d'étranglement et amplifier la tendance dominante, c'est-à-dire, en phase de baisse, la tendance baissière.
Ce risque n'est toutefois pas propre aux ETF. La même dynamique s'applique en principe aux actions individuelles et aux fonds gérés activement : si beaucoup d'acteurs veulent vendre en même temps lors d'une vraie crise, ils peuvent eux aussi devoir accepter des cours anormalement bas.
Une critique voisine porte sur l'interconnexion croissante du secteur financier par les ETF, l'usage de produits dérivés comme les swaps et la pratique répandue du prêt de titres. La crainte : une interconnexion très forte pourrait, en cas de crise, propager plus vite à tout le système les problèmes de certains acteurs. Difficile de dire à quel point ce risque est élevé. Là non plus, il n'existe pas de preuve concluante.
Ce qui protège votre capital, et ce qui ne le protège pas
Deux niveaux de protection distincts entrent en jeu, et aucun ne couvre les baisses de cours.
Au niveau du fonds, la plupart des ETF proposés aux épargnants français sont des OPCVM (UCITS). Leurs actifs sont confiés à un dépositaire, qui en assure la conservation et contrôle que les décisions de la société de gestion respectent la réglementation et le prospectus, sous la supervision de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour les fonds français. La conservation des actifs par un dépositaire vaut pour les ETF à réplication physique comme synthétique.
Au niveau de votre établissement teneur de compte, si votre banque ou votre courtier ne peut plus restituer vos titres, la garantie des titres du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) peut intervenir. Elle couvre les instruments financiers, dont les parts d'OPCVM, jusqu'à 70 000 euros par client et par établissement. Elle ne joue que si les titres ont disparu des comptes et que l'établissement est hors d'état de les restituer. Le FGDR précise qu'elle ne couvre pas les variations de valeur dues à l'évolution des marchés. Loger un ETF dans un PEA change son traitement fiscal, pas son risque de marché.
Ces protections visent la défaillance d'établissements. Les pertes de cours liées à l'évolution normale du marché relèvent d'une autre catégorie de risque et ne sont pas indemnisées.
La conservation par un dépositaire n'élimine toutefois pas tout risque de contrepartie. Les ETF synthétiques répliquent l'indice au moyen d'un swap conclu avec une contrepartie, en général une banque. Si elle fait défaut, l'ETF peut subir des pertes. La réglementation OPCVM plafonne cette exposition à 10 % de l'actif du fonds lorsque la contrepartie est un établissement de crédit et prévoit des garanties, ce qui réduit le risque sans le supprimer.
Les ETF à réplication physique qui prêtent des titres portent eux aussi un risque résiduel : si l'emprunteur fait défaut et que les garanties valent moins que les titres prêtés, une perte peut en résulter.
Ce que les investisseurs de long terme peuvent en retenir
Quelques principes aident un portefeuille à mieux résister à une crise : des indices connus, larges et liquides plutôt que des produits de niche complexes, un investissement réparti entre plusieurs émetteurs d'ETF, et pas de vente dans la panique lors d'une vraie crise boursière.
Une baisse de cours ne devient une perte réalisée qu'au moment de la vente. Historiquement, un comportement anticyclique, c'est-à-dire ne pas vendre quand tout le monde vend, a le plus souvent été payant pour les investisseurs de long terme. Ce n'est pas une garantie pour l'avenir.
Fixer la taille de position avant la crise
Aucun ETF ne vous retire le risque de marché. Ce que vous maîtrisez, c'est la taille de chaque position. Choisissez dès le départ une taille que vous pouvez supporter, même en cas de baisse marquée des cours, sans céder à la panique.
Avec le calculateur gratuit de taille de position d'Axiomly, vous pouvez le calculer à l'avance pour chacune de vos positions.