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ETF et krach : plus risqués que les actions ?

person Axiomly Team
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calendar_today 11 octobre 2026
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schedule 5 min de lecture

bolt Points clés à retenir

  • check Le principal risque des ETF, comme pour les actions, est le risque de marché général. Un ETF sur le CAC 40 baisse quand le CAC 40 baisse. La structure de l'ETF joue un rôle moindre.
  • check Certains critiques craignent que le poids des ETF sur les marchés amplifie les mouvements baissiers. Cela n'est pas démontré de façon concluante.
  • check Les actifs d'un OPCVM sont conservés par un dépositaire, sous le contrôle de l'AMF. Si votre intermédiaire fait défaut, la garantie des titres du FGDR peut intervenir jusqu'à 70 000 euros par client et par établissement.
  • check Ni le dépositaire ni le FGDR ne couvrent les baisses de cours. Pour un investisseur de long terme, la meilleure protection contre une crise reste le plus souvent de ne pas vendre pendant celle-ci.

Certains observateurs de marché avertissent que les ETF pourraient être plus dangereux que des placements individuels en cas de krach. Le risque principal est pourtant le même que pour les actions : la baisse du marché. Que les ETF amplifient en plus les baisses n'est pas démontré de façon concluante.

Ces dernières années, les ETF sont devenus la forme d'investissement privilégiée de nombreux épargnants français, et ce succès a attiré cette critique. Quels risques un ETF comporte-t-il réellement ?

Le principal risque des ETF en cas de krach : le marché lui-même

Un ETF porte le même risque que les actions qu'il réplique. Si l'indice sous-jacent baisse, l'ETF baisse aussi : un ETF sur le CAC 40 recule avec le CAC 40, un ETF monde recule avec les marchés mondiaux. Peu importe que vous ayez détenu les actions directement ou investi via un fonds géré activement.

Ce risque de marché général ne disparaît pas avec le choix du véhicule d'investissement. On peut seulement l'atténuer en diversifiant entre différentes classes d'actifs.

Les ETF amplifient-ils les baisses ? Le reproche et l'interconnexion

Les observateurs se disputent sur la question de savoir si les ETF amplifient réellement les mouvements baissiers, et il n'existe pas de preuve concluante dans un sens ou dans l'autre. Les critiques du poids croissant des ETF sur les marchés avancent une inquiétude précise : une vague de ventes déjà en cours pourrait s'amplifier si les vendeurs de parts d'ETF ne trouvent pas assez d'acheteurs en face. Lors d'un mouvement de vente panique, les ETF pourraient alors devenir en théorie un goulot d'étranglement et amplifier la tendance dominante, c'est-à-dire, en phase de baisse, la tendance baissière.

Ce risque n'est toutefois pas propre aux ETF. La même dynamique s'applique en principe aux actions individuelles et aux fonds gérés activement : si beaucoup d'acteurs veulent vendre en même temps lors d'une vraie crise, ils peuvent eux aussi devoir accepter des cours anormalement bas.

Une critique voisine porte sur l'interconnexion croissante du secteur financier par les ETF, l'usage de produits dérivés comme les swaps et la pratique répandue du prêt de titres. La crainte : une interconnexion très forte pourrait, en cas de crise, propager plus vite à tout le système les problèmes de certains acteurs. Difficile de dire à quel point ce risque est élevé. Là non plus, il n'existe pas de preuve concluante.

Ce qui protège votre capital, et ce qui ne le protège pas

Deux niveaux de protection distincts entrent en jeu, et aucun ne couvre les baisses de cours.

Au niveau du fonds, la plupart des ETF proposés aux épargnants français sont des OPCVM (UCITS). Leurs actifs sont confiés à un dépositaire, qui en assure la conservation et contrôle que les décisions de la société de gestion respectent la réglementation et le prospectus, sous la supervision de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour les fonds français. La conservation des actifs par un dépositaire vaut pour les ETF à réplication physique comme synthétique.

Au niveau de votre établissement teneur de compte, si votre banque ou votre courtier ne peut plus restituer vos titres, la garantie des titres du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) peut intervenir. Elle couvre les instruments financiers, dont les parts d'OPCVM, jusqu'à 70 000 euros par client et par établissement. Elle ne joue que si les titres ont disparu des comptes et que l'établissement est hors d'état de les restituer. Le FGDR précise qu'elle ne couvre pas les variations de valeur dues à l'évolution des marchés. Loger un ETF dans un PEA change son traitement fiscal, pas son risque de marché.

Ces protections visent la défaillance d'établissements. Les pertes de cours liées à l'évolution normale du marché relèvent d'une autre catégorie de risque et ne sont pas indemnisées.

La conservation par un dépositaire n'élimine toutefois pas tout risque de contrepartie. Les ETF synthétiques répliquent l'indice au moyen d'un swap conclu avec une contrepartie, en général une banque. Si elle fait défaut, l'ETF peut subir des pertes. La réglementation OPCVM plafonne cette exposition à 10 % de l'actif du fonds lorsque la contrepartie est un établissement de crédit et prévoit des garanties, ce qui réduit le risque sans le supprimer.

Les ETF à réplication physique qui prêtent des titres portent eux aussi un risque résiduel : si l'emprunteur fait défaut et que les garanties valent moins que les titres prêtés, une perte peut en résulter.

Ce que les investisseurs de long terme peuvent en retenir

Quelques principes aident un portefeuille à mieux résister à une crise : des indices connus, larges et liquides plutôt que des produits de niche complexes, un investissement réparti entre plusieurs émetteurs d'ETF, et pas de vente dans la panique lors d'une vraie crise boursière.

Une baisse de cours ne devient une perte réalisée qu'au moment de la vente. Historiquement, un comportement anticyclique, c'est-à-dire ne pas vendre quand tout le monde vend, a le plus souvent été payant pour les investisseurs de long terme. Ce n'est pas une garantie pour l'avenir.

Fixer la taille de position avant la crise

Aucun ETF ne vous retire le risque de marché. Ce que vous maîtrisez, c'est la taille de chaque position. Choisissez dès le départ une taille que vous pouvez supporter, même en cas de baisse marquée des cours, sans céder à la panique.

Avec le calculateur gratuit de taille de position d'Axiomly, vous pouvez le calculer à l'avance pour chacune de vos positions.

help_outline Questions fréquentes

Les ETF amplifient-ils réellement les krachs boursiers ?

Les experts sont partagés et rien n'est démontré de façon définitive. Certains craignent que les ETF deviennent un goulot d'étranglement lors de ventes paniques, si les vendeurs de parts d'ETF ne trouvent pas assez d'acheteurs en face. D'autres estiment que ce risque de base s'applique tout autant aux actions individuelles et aux fonds gérés activement, et que les ETF ne sont pas structurellement plus vulnérables. Aucune preuve concluante ne permet à ce jour de donner raison à l'un ou l'autre camp.

Mon argent est-il perdu en cas de krach sur un ETF ?

Une baisse de cours est une perte de valeur, mais tant que vous ne vendez pas, cette perte n'est pas réalisée. Le FGDR ne couvre pas les variations de valeur dues à l'évolution des marchés. Les protections existantes visent la défaillance d'un établissement qui détient vos actifs, pas les fluctuations de cours. Un PEA ne change rien à cela : c'est une enveloppe fiscale, pas une protection contre les pertes.

Que se passe-t-il pour mes ETF si mon courtier ou ma banque fait faillite ?

La garantie des titres du FGDR peut jouer si vos titres ont disparu de vos comptes et que l'établissement n'est plus en mesure de vous les restituer. Elle plafonne l'indemnisation à 70 000 euros par client et par établissement et concerne notamment les parts d'OPCVM. Les conditions dépendent de votre situation et de votre établissement : consultez le site du FGDR pour votre cas.

Faut-il vendre en cas de crise ?

Pour un investisseur de long terme, l'histoire plaide plutôt pour le maintien de la position que pour une vente paniquée. Vendre à des cours déprimés rend la perte définitive et fait souvent manquer la reprise qui suit. Ce n'est pas un conseil en investissement pour votre situation, mais la description d'un schéma observé lors des crises passées.